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Morphologie

La coquille

La Grande Mulette est un mollusque bivalve, sa coquille comporte deux parties (valves). Il s'agit de l’invertébré continental autochtone le plus massif d’Europe : sa coquille mesure jusqu’à 18 cm de long et peut peser jusqu’à 500 g.
La forme de la coquille est généralement auriculée, avec une face ventrale concave (d’où son nom, auricularius). Le périostracum (couche protéique colorée qui recouvre et protège la nacre de la coquille sur la partie externe des valves) est noir, les umbos (extrémités saillante des valves d'un mollusque bivalves) sont habituellement très érodés chez les individus adultes. Les stries d’accroissement annuelles sont assez bien marquées chez les juvéniles et les subadultes, mais deviennent indiscernables sur la marge ventrale de la coquille chez les sujets âgés. Ces stries, quand elles sont bien différenciées, peuvent permettre une approximation de l’âge de l’individu.

Comme chez les autres Margaritiferidae, la nacre de l’intérieur de la coquille est marquée par les traces dites « lacrymales » de l’attache des muscles du manteau, typiques de la famille. L’empreinte des muscles adducteurs et de la ligne palléale est bien marquée. La valve droite a une dent cardinale massive en forme de poing et une dent latérale bien marquée, parfois plus émoussée chez les sujets âgés. La valve gauche possède deux dents cardinales et deux dents latérales, dans lesquelles viennent s’insérer la dent cardinale et la dent latérale de la valve droite. Les valves sont très épaisses (incassables à la main), particulièrement dans la partie antérieure. Les juvéniles quant à eux ne disposent pas de cette particularité physique et peuvent donc être confondus avec d’autres espèces.

Valves de Grande Mulette
© : Nina Richard

Individu adulte vivant de la Vienne

© : Nina Richard
Individu juvénile vivant de la Vienne
© : Nina Richard

Ouvertures

L’ouverture exhalante est simple, comme chez toutes les Naïades ; l’ouverture inhalante est garnie de papilles sensitives en forme de petites mains (contrairement aux autres Naïades de France qui ont des papilles en forme de cils).

Ouvertures inhalante (avec papilles) et exhalante d’un individu de la Charente
Source : Richard, N. & Prie, V. 2022

Source : Richard, N. & Prie, V. 2022

Variabilité morphologique

La variabilité morphologique est importante entre les différentes populations françaises. Les spécimens de la Charente sont généralement petits et plus auriculés (A-E) ; ceux de la Vienne plus grands et allongés ; ceux du Luy (J-L) sont très érodés...